Vole, vole, petite fille (Vola, vola zitella)
Loin de la nuit et du brouillard,
Loin de la haine et du péril,
Loin des ombres aux cœurs trop noirs.
Danse, danse, petite fille (Balla, balla, zitella)
Sur les sommets bercés de vent,
Où les Aiguilles fières, se dressent,
Sculptées par le souffle du temps.
Ris, ris, petite fille (Ridi, ridi, zitella)
Ton île fredonne ton beau prénom,
Les flots murmurent des mots anciens,
Des échos d’âmes dans le vent marin.
Chante, chante, petite fille (Canta, canta, zitella)
Dans les secrets des nuits d’hivers,
La voix des anciens te fait cortège,
Portant ton âme à l’infini.
Mais ne pleure pas, petite fille (Ma un pienghje micca, zitella)
Le maquis t’offre son doux parfum,
Et ses immortelles, fières et fragiles,
Bercent ton âme jusqu’à demain.
Ecoute, petite fille (Ascolta, zitella)
Les arbres soufflent d'anciens secrets,
Leurs racines touchent la terre sacrée,
Tu es l’essence de cette force, enracinée.
Dors, dors, petite fille (Dormi, dormi, zitella)
Dans l’étreinte des oliviers,
Les voix d’antan te font promesse,
Tu es le vent, l’éternité.

Ils sont revenus sans fanfare, sans lumière,
Le visage tordu, mais le cœur droit et fier.
La guerre a gravé sur leur chair la douleur,
Des cicatrices d’acier, des masques sans couleur.
On détourne les yeux quand ils passent,
Car leur silence hurle ce qu’on efface.
Ils ne demandent rien, ni pardon ni pitié,
Juste qu’on se souvienne de leur humanité.
Leur beauté d’avant dort sous les bandages,
Mais leurs yeux parlent, au-delà des visages.
Ce sont des héros que l’on cache aux enfants,
Des âmes debout, mais des corps vacillants.
Ils ont tout donné, jusqu’à leur reflet,
Pour des drapeaux, pour des rois, pour la paix.
Et quand le canon s’est enfin tu,
Ils ont vu leur nom s’effacer dans la rue.
Mais moi, je les vois, dans leurs gestes tremblants,
Dans leurs silences lourds, dans leurs mots vacillants.
Ils ont le visage des hommes debout dans la nuit,
Des éclopés de l’histoire, qui marchent, sans bruit.